Inventer une nouvelle économie

Conf-2014-1
L'’entreprise en révolution : Quand les chefs d’entreprise doivent inventer une nouvelle économie ….

 

Vendredi 25 avril, à l’occasion de son assemblée générale, l’AFPIA-SolFi2A a invité l’économiste Jean-Paul Betbeze à dialoguer avec des managers et dirigeants d’entreprises. Parmi eux, David Soulard, Directeur général de Gautier France, Eric Guillet, Pdg de Brillouet, et Alain Lefebvre, Directeur général de l’AFPIA-SolFi2A ...  

Entreprise, administration, société… c’est toute l’économie qui est en train de vivre une mutation sans précédent. La crise et ses remous sont les symptômes, selon l’économiste Jean-Paul Betbeze, « d’une maladie de fond, celle de la dette des pays industrialisés qui, en perte de compétitivité depuis 30 ans, ont emprunté pour soutenir leur économie au lieu de s’ajuster ». À ce jour, la dette française (2 000 milliards d’euros) est en passe d’atteindre le PIB. Le pays se rapproche de la situation de l’Espagne et de l’Italie, alors qu’Allemands et Américains sortent la tête de l’eau. « Les Etats-Unis ont baissé les taux d’intérêt et acheté des bons du trésor : leur situation s’assainit ». Dans un contexte de croissance (0,3% en 2013) et d’inflation faibles, comment assurer le développement des entreprises françaises ? « Le temps est loin, où nos carnets de commandes étaient pleins. Nos collections duraient 6 mois à un an mais aujourd’hui, nous n’avons plus cette visibilité », raconte Eric Guillet, Pdg de Brillouet, entreprise de 70 salariés spécialisée dans l’aménagement et l’agencement d’espaces de luxe. « On ne reviendra pas à un marché de consommation à outrance, confirme David Soulard, Directeur général du groupe Gautier (950 collaborateurs). Si les changements majeurs observés sur les marchés sont indéniablement liés à la crise, ils empruntent aussi aux nouvelles manières d’habiter : la cuisine, la chambre, le salon sont autant de pièces qui s’aménagent au gré d’attentes nouvelles. « J’ai vu, ces 25 dernières années, disparaître 25 000 emplois dans le meuble, témoigne Alain Lefebvre, Directeur général de l’AFPIA-SolFi2A. Nos entreprises ont dû adapter leur outil de production et leurs produits à des demandes inédites, de plus en plus personnalisées. C’est ainsi qu’est né un nouveau secteur : celui de l’Aménagement de l’habitat ».

 

Miser sur le capital humain de l’entreprise

« L’entreprise doit désormais être transversale, beaucoup moins cloisonnée, affirme David Soulard. Nous avons par exemple créé un fablab dédié à l’innovation : à sa tête a été nommé un informaticien ! Et pour favoriser l’échange d’informations, j’organise régulièrement avec mes cadres des petits déjeuners. Nous essayons ainsi d’apporter plus de souplesse et de réactivité ». Car ce qui manque aujourd’hui, c’est le temps : « ça va trop vite, beaucoup trop vite ! Nous n’avons plus le temps d’avoir l’idée d’avance. C’est pourquoi nous tentons une nouvelle voie : travailler sur des sujets qui n’ont pas d’applicatifs immédiats et que nous pourrons proposer, en fonction des demandes du marché, de manière très réactive ». Selon Eric Guillet, « c’est sur le capital humain qu’il faut parier. Nous misons pour notre part beaucoup sur la formation : les collaborateurs doivent être le plus possible polyvalents. Mais ce n’est pas simple d’agir toujours dans la rapidité. Certains ont besoin de plus de sécurité. C’est au dirigeant de donner le tempo, de créer le collectif, malgré l’individualisation des besoins et des motivations ». « Il revient au dirigeant d’intégrer les mutations et de partager sa vision de l’entreprise avec ses collaborateurs, renchérit Alain Lefebvre. A l’AFPIA-SolFi2A, la stratégie est depuis toujours coécrite avec les salariés ». Une manière de partager un projet d’entreprise, à l’heure où l’un des principaux défis réside dans la cohésion des équipes : « inutile, désormais, de se comparer à la Chine : la révolution industrielle passera par la création de haute valeur ajoutée, en particulier grâce à l’humain ».

Les dirigeants redeviennent des entrepreneurs

Cohésion, transparence, confiance, trois maîtres-mots que souligne Jean-Paul Betbeze : « dans un peloton, c’est l’échappée de quelques-uns qui fait accélérer les autres. Vous dirigeants, êtes des organisateurs d’échappées ». L’avenir de l’entreprise dépend plus que jamais de son capitaine et de sa capacité à conduire des projets mobilisateurs. « Nos jeunes, en particulier, qui sont issus de la fameuse génération Y, attendent de nous exemplarité et cohérence. Sinon, ils quittent l’entreprise », affirment de concert Eric Guillet et David Soulard. Sur les fronts de l’interne et de l’externe, le dirigeant est-il surinvesti ? Pour Jean-Paul Betbeze, « pas forcément. Mais, dans cette entreprise en révolution, son rôle est bien ‘’d’entreprendre’’ »

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